Doit-on supprimer le Black Friday ?
Cette année encore, le Black Friday fait l'objet de critiques de la part du mouvement « déconso-consumériste ». L'Ademe avait même diffusé un spot invitant à ne pas consommer, avant que la première ministre n’en demande le retrait. Il est vrai qu’appeler à la sobriété lors du black Friday alors qu’elle est subie toute l’année par nombre de personnes, était plutôt maladroit.
Ceci étant, j'ai décidé de participer à la critique, mais sous l'angle de la stratégie commerciale.
1. Le Black Friday, une promotion de plus.
Avions-nous réellement besoin d'une promotion de plus ? Le calendrier commercial est déjà saturé de promotions, aucun mois de l'année n'y échappe. Lorsque l'achat au plein tarif devient un défi, les prix de référence sur lesquels sont pratiquées les remises deviennent purement théoriques.
2. Le Black Friday n'est qu'un transfert de panier.
Selon Kantar, entre 2017 et 2022, les dépenses de mode pendant le Black Friday ont augmenté de 22 %, tandis qu'en décembre, elles ont chuté de 25 % entre 2015 et 2022. Les clients anticipent simplement leurs achats de Noël en bénéficiant de promotions inespérées en cette période de l’année.
3. La guerre des prix détruit le commerce.
Les marques, en particulier du milieu de gamme, disparaissent les unes après les autres. L'image et l'offre sont en cause, mais la guerre des prix joue également un rôle.
Stimuler la demande et tenter de prendre l'avantage sur les concurrents, réduit les marges et écorne l’image des marques. Par ailleurs, la vente en ligne dont le principal moteur est la recherche de bonnes affaires, n'a fait qu'accentuer la dérive.
4. Les clients n'y trouvent plus leur compte.
Cette guerre des prix profite-t-elle aux clients ? Au départ, oui, mais aujourd'hui, rien n'est moins sûr. Les remises quasi permanentes ne sont possibles qu'en délocalisant la production et en baissant la qualité. Résultat : la politique du "moins cher pour moins bien" génère du chômage.
Conclusion.
Il est peut-être déjà trop tard pour espérer échapper au rouleau compresseur des promotions. Celles-ci font penser au dopage : s'en passer réclame beaucoup de force, surtout lorsque la concurrence n'hésite pas à y recourir.
Comme le dit Seth Godin : "La raison pour laquelle le prix semble être la seule chose qui intéresse vos clients, c'est que vous ne leur donnez rien d'autre."
Pour de nombreux clients, le prix est le premier moteur de la consommation. Pour les autres, la notion de plaisir est centrale. Aussi pour les satisfaire, les marques doivent miser sur le style, la qualité, la durabilité, le Made In France etc. La base du commerce en somme.
Réduire le calendrier des remises à 2 ou 3 rendez-vous par saison, soldes compris, devrait pouvoir satisfaire tous les clients et aider à replaçer le commerce dans un cercle vertueux.
#blackfriday

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